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PAS et REPAS

Articles avec #poesie

Rêveries d'un promeneur solitaire

14 Mars 2007, 17:09pm

Publié par Colette

Que pensez vous de relire des textes classiques sur "la randonnée" comme cet extrait de Jean Jacques Rousseau ?

    "Je me rappellerai toute ma vie une herborisation que je fis un jour... J'étais seul, je m'enfonçai dans les anfractuosités de la montagne, et de bois en bois, de roche en roche, je parvins à un réduit si caché que je n'ai vu de ma vie un aspect plus sauvage. De noirs sapins entremêlés de hêtres prodigieux dont plusieurs tombés de vieillesse et entrelacés les uns dans les autres fermaient ce réduit de barrières impénétrables, quelques intervalles que laissait cette sombre enceinte n'offraient au-delà que des roches coupées à pic et d'horribles précipices que je n'osais regarder qu'en me couchant sur le ventre. Le duc, la chevêche et l'orfraie faisaient entendre leurs cris dans les fentes de la montagne, quelques petits oiseaux rares mais familiers tempéraient cependant l'horreur de cette solitude.

   Insensiblement dominé par la forte impression des objets, j'oubliai la botanique et les plantes, je m'assis sur des oreillers de Lycopodium et de mousses, et je me mis à rêver plus à mon aise en pensant que j'étais là dans un refuge ignoré de tout l'univers .... Je me comparais à ces grands voyageurs qui découvrent une île déserte, et je me disais avec complaisance : sans doute je suis le premier mortel qui ait pénétré jusqu'ici, je me regardais presque comme un autre Colomb..."

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Les porcs-épics

13 Mars 2007, 17:52pm

Publié par Annie Blin

Histoire citée par Freud  dans "Essais de psychanalyse " :
"Un jour d'hiver glacial, les porcs-épics d'un troupeau se serrèrent les uns contre les autres afin de se protéger contre le froid par la chaleur réciproque. Mais, douloureusement gênés par leurs piquants, ils ne tardèrent pas à s'écarter de nouveau les uns des autres. Obligés de se rapprocher à nouveau, en raison du froid persistant, ils éprouvèrent une fois de plus l'action désagréable des piquants, et ces successions de rapprochement et d'éloignement durèrent jusqu'à ce qu'ils aient trouvé une distance convenable où ils se sentirent à l'abri des maux."
 
Jolie histoire pour des randonneurs qui savent vivre en bonne entente... 

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Le corbeau et le renard marseillais

25 Février 2007, 12:43pm

Publié par J.L.Sanmarti

 

     Le corbeau et le renard 

        vus par un marseillais       

Jean-Louis Sanmarti

 

C'était un beau gabian, qui furait les poubelles,

Car y a plus de poissons au large de Pomègues.

Il espinche et mate, à la pointe de l'île,

Dans un trou de rocher, un moulon de bordilles.

A l'espère, dès l'aube, affamé, fracassé,

Il se cherche un asseti pour pouvoir mastéguer.

En fouillant dans le tas, son oeil est attiré,

Par un toc de Banon, qui sert à broméger.

Hélas, il était dur et à l'intérieur vide,

Je peux bien se dit-il me gratter l'embouligue,

Et comme l'on dit : « qui a bien dormi a dîné »,

Il monte dans un pin pour faire un pénéqué.

Arrive un cahu, fin comme une esquinade,

Qui avait les boyaux mêlés comme une rague.

En découvrant l'oiseau et son toc de fromage,

Aquelo empego, dit-il, cela est bien dommage,

Je pourrais bien me faire péter le bédélé,

Moi, qui n'ai jamais su pêcher un pataclé.

Ô gari ? Chaspe moi, à moins que je ne rêve ,

Car de te voir ainsi, les yeux me parpelègent,

Tu es vraiment le plus beau de Marseille à La Ciotat,

Si je ne t'avais vu, je serais mort d'estransi,

Si tu chantes aussi bien que ta robe est jolie,

Mes esgourdes croiront ouir Pavarotti.

Le gabian sur sa branche, de rire s'estrasse,

Aquêu cabot, qui pour manger s' escagasse,

J'ai aussi faim que lui et voudrais bien chacler,

Mais au lieu de baffrer, je vais bien m'esclaffer.

Il lâche le banon que le stassi achoppe,

Comme un cacou d'Endoume qui frotte sa minotte,

Et part en cavalant, comme un petit boumian,

Qui a chipé vingt ronds au bain des Catalans.


Moralité.
 

Si un jour, par un nervi, tu te fais pessuguer,

Ne sois pas le couillon qui est toujours aganté.

Tu bromèges un peu comme avec les girelles,

Et tu attends que ça pite, pescadou de Marseille

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Exercices de style

4 Février 2007, 23:06pm

Publié par Colette

        
 

  Vous reconnaîtrez nos habitudes.....
 
 
    Style scientifique

Le 327 ème jour de l'année 2006, à partir de 8 heures 50 minutes Central European Time (GMT+1) 32 êtres humains de sexe féminin et 8 de sexe masculin se regroupent au point A (Latitude Nord 43°18'30'', Longitude Est 5°22'50''27°)

Leur âge varie de 49 ans trois mois à 79 ans six semaines. Ils bougent les lèvres pour articuler des sons qui paraissent être ceux d'une langue européenne. Ils échangent des papiers de 21,5 cm sur 27,9 cm, blancs imprimés de signes noirs et gris.

A 9 heures 05 minutes 31 secondes ils rentrent dans des habitacles à quatre roues caoutchoutées qui se suivent à une distance de 10 à 40 mètres. A 9 heures 55 minutes CET (GMT+1) les habitacles s'arrêtent en un point B (43°21'30''/5°13'50''), les individus en ressortent et selon un ordre qui semble aléatoire, s'élancent les uns derrière les autres, en remuant leurs jambes, sur  un sentier large de  80 cm à 1m 80 et long de 12 km, avec une pente allant de 5 à 35 pour cent.

Au point C (43° 20'/5°14') ils prennent une position semi assise, pour ouvrir diverses petites boîtes en métal ou en plastique, ainsi que des sortes de biberons, dont ils dirigent le contenu vers leurs bouches. Ils articulent toujours les mêmes sons de la même langue européenne en produisant beaucoup de décibels (non encore mesurés à ce jour)

Puis à 13 heures 10 CET (GMT+1) ils continuent leur chemin qui revient au point B (43°21'30''/5°13'50''), où ils rentrent de nouveau dans leurs habitacles. Habitacles qui reviennent ensuite au point A (Latitude Nord 43°18'30'', Longitude Est 5°22'50''27°) à 17 heures 05 CET (GMT+1).

 

 

Style exclamatif
 
Tiens ! Déjà neuf heures ! Heure du rendez vous ! Parking de la billetterie ! Que de monde ! Bonjour ! Bonjour ! Bisou ! L'animatrice est déjà là ! Super ! Montons dans le minibus ! Non ! Plus de place ! Montons dans une voiture ! Oui ! Arrivés  au bon endroit ? Ouf !   Maintenant serrons nos lacets ! En marche ! Interdit de dépasser le chef ! Interdit de rester en arrière ! Stop ! Pause pipi ! On repart ! Que c'est beau ! Stop ! Pause repas ! Buvons ! On repart ! Que c'est beau ! Interdit de dépasser le chef ! Interdit de rester en arrière ! La vue est si belle ! Pause pipi ! On repart ! Ouf ! On n'en peut plus ! Au revoir ! A la semaine prochaine !


Style hésitant 

Je ne sais pas bien à quelle heure est le rendez vous : 9 heures ou 9 heures et quart ? Aujourd'hui, je vais monter dans le mini-bus ou prendre ma voiture ?

Ah, bon, vous m'avez déjà donné le trajet ? Il faut tourner à droite après le panneau mais où est donc le fameux panneau ? Pourvu qu'on retrouve les autres ? Et si on ne les retrouve pas, qu'est ce qu'on va faire ?

Maintenant qu'on commence à  monter je ne sais pas si je mets mon anorak ou si je ne le mets pas ? Il va faire chaud ? Alors je l'enlève ? Ah, mais s'il y a du vent, je le remets ? Je vais faire pipi derrière ce buisson, vous pensez qu'on ne me verra pas ? Ou derrière ce rocher ? Vous ne partez pas sans moi ?

Vous me conseillez de mettre de la crème solaire ? Vous en avez ? Vous ramassez ces plantes ? Vous croyez que c'est du thym ? Ou de la sarriette ?

 Je ne sais pas si il vaut mieux prendre un bâton pour descendre ou pas ? Un bâton télescopique ? C'est mieux ? Il peut aussi me gêner si je glisse ?

La seule chose dont je sois sûre c'est que je reviendrai lundi prochain !           

 

 Style négatif

Ce n'est pas le soir, ni l'après midi, mais le matin que nous nous retrouvons. Nous n'apprenons pas à danser le tango, ni le karaté, mais nous partons en randonnée. Nous ne sommes pas des athlètes, ni des vieux raplaplas, plutôt des gens d'âge mûr. Nous ne courons pas le marathon, nous ne courons pas après la fortune, nous marchons ensemble ! Nous ne mangeons pas comme des ogres, nous ne buvons pas comme des trous, nous prenons des forces ! Nous ne sommes pas des parents, ni des inconnus, nous sommes des amis...

 

A la manière de R. Queneau...
Colette Colmerauer
  

 

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